MICRO ONDE

Centre d’art contemporain de l’Onde

Avril - Guillaume Pinard

Du 7 octobre au 30 novembre 2008


8 bis av Louis Breguet

78140 VELIZY VILLACOUBLAY

RER C Arrêt Gare Chaville-Vélizy, Bus CVJ, Direction Vélizy-Villacoublay, arrêt Wagner

Depuis Pont de Sèvres (Métro ligne 9), Bus 40, 43 ou 46 arrêt Matra La Source.

www.londe.fr



À l’occasion du parcours West III rencontre avec Guillaume Pinard en conversation avec la critique d’art Bénédicte Ramade à 16h

Avril, film d’animation, 20 min


En refusant de se confronter à l’ampleur de la galerie et, plus encore, en tentant de dématérialiser complètement ses imposants volumes, Guillaume Pinard choisit de plonger les 1600 mètres cube de cet espace dans le noir et d’en faire une boite de projection totale pour son film. Conçue comme la pièce initiatrice du projet, Avril est d’abord le remake d’un vieux dessin animé où le décor se personnifie et interfère dans le déroulement narratif du film, jusqu’à provoquer un étrange climat d’inquiétude que le chat Félix ne maîtrise plus. De la même façon, dans son film, Guillaume Pinard provoque cette même impression d’étrangeté par l’application en 3D des mécanismes élémentaires du dessin animé, et soustraie les personnages autour desquels se construit la narration. 

Le paysage noir et blanc défile sous forme de séquences courtes très sommairement racontées et parfois reprises en boucle dans un souci d’activer un défilement continu. On y voit l’esquisse d’une forêt ou d’un paysage de montagne, la présence forte de l’horizon qui donne le point de repère fixe de cette navigation, identique à celui que l’on perçoit dans les jeux vidéo, sans jamais pouvoir l’atteindre. Bientôt, le monde perspectif se diffracte et bascule dans le plan. Le spectateur pénètre au cœur du monde en couleur, celui qui se trouve sous le décor et qui constitue le cœur de la machine conçue comme une image complexe du monde des idées qui fourmillent et émergent les unes par rapport aux autres. Par des systèmes de basculements mécaniques complexes et étourdissants, les espaces se superposent, s’annulent et se remplacent, se renvoient l’un à l’autre. Réseaux, tunnels, machines fumeuses et huilées s’activent sans vocation dans une frénésie insensée incarnée par une mécanique de la pensée volontairement complexe.

De façon périphérique, mais non moins importante que le film, l’artiste produit deux autres projets spécifiques réalisés pour alimenter un second réseau de diffusion.

« Un arbre, un mur, un bassin », série d’affiches dans la ville


Le projet « un arbre, un mur, un bassin » constitue une série simple s’adaptant à toute forme de diffusion : publication, poster, éphéméride, voir diffusion presse. 

Pour l’exposition, l’artiste a choisi de les afficher dans la ville avant leur publication prévue pour la fin de l’année avec Sémiose édition. Etrangement en relation par son contenu, ce projet pourrait se présenter comme la suite du film ou simplement sa traduction publiée. Il n’en n’est rien. Cette nouvelle série de dessins, présentée sous forme de billets d’humeurs délivre les aventures dialoguées de trois protagonistes : un mur, un arbre et un bassin traduit de façon schématique dans une géométrie précise tirée au trait. 

Pour chaque proposition, et en refusant la narration, l’arbre, le mur et le bassin échangent de façon spirituelle sur leurs conditions d’éléments de décor du paysage urbain soumis au changement de la ville. Ces personnages semblent raconter dans leurs dialogues la même relation que le spectateur entretient avec le décor qui émerge du jeu de l’animation 3D et de la navigation. Les scènes sont drôles, ironiques, parfois graves, et se positionnent, à la façon d’illustrations de presse, au centre de la mécanique ininterrompue de l’esprit, tout en entretenant un rapport complice et distant du film. 

Vous pourrez suivre les aventures de nos trois compères au travers d’une grande série d’affiches exposées face à  l’esplanade de l’Onde dans les panneaux municipaux ainsi que dans une série de modèles directement collés sur les panneaux d’affichages libres. Un plan et une série de photographies des sites d’affichage seront disponibles au Micro Onde.

Ne cherchez pas le sens de lecture. Ne cherchez pas la description d’un monde ni sa logique. Ne cherchez pas non plus la justification du sujet. Il n’y a pas non plus d’occasions données à la contemplation. En un mot oubliez l’exposition et tentez de pénétrer un mécanisme compulsif de la pensée qui interfère dans les modes de diffusion de l’art.

 

Invité il y a un an dans le cadre de l’exposition collective « Hairy tales » consacrée aux formes contemporaines de dessin, Guillaume Pinard prépare pour Micro Onde une exposition personnelle constituée de productions inédites conçues pour devenir les pièces maîtresses d’un monde perceptif complexe. Dans ce projet, l’artiste s’emploie à contourner les pièges classiques de l’exposition qui enferment le dessin dans un système de réception établi dont les procédés d’accrochage provoquent bien souvent la réduction de sa force perspective. C’est par un système de mise à distance du spectateur, dans un processus global, que Guillaume Pinard définit les frontières de son projet Avril pour Micro Onde. 

Avril constitue un projet à plusieurs entrées, qui présente un ensemble de significations complémentaires pour l’artiste. La production a été avant tout motivée par l’idée de produire un remake de “April Maze”, un épisode de Felix le chat, film animé des années trente. Avril c’est aussi et surtout le mois du printemps, de l’efflorescence, des commencements. C’est le désir à l’état d’embryon qui permet l’émergence du monde. C’est la naissance de la conscience à l’état le plus originel de l’éveil, qui pourrait constituer l’état premier de l’expérience du monde que souhaite explorer Guillaume Pinard au travers de trois productions essentielles.

« Le clou sans tête », publication, Sémiose éditions.


En collaboration avec Sémiose éditions, cette publication livre un ensemble de récits titrés Le clou sans tête accompagné de dessins conçus comme autant d’artifices de ce récit. 

Défini comme une pièce maîtresse de l’invitation, le livre est présenté dans la première box conçue pour devenir un espace confiné de lecture habituellement destiné aux projections. La maquette du livre regroupant les dessins est tirée en plan et en recouvre les murs intérieurs comme le papier peint d’une chambre. Une fois encore dans ce dernier projet, Guillaume Pinard affirme la force de sa proposition dans le livre et la reproduction, et renonce de façon explicite à la tentative d’exposer les dessins originaux.

Le clou sans tête se présente sous la forme d’un recueil de la correspondance d’un écrivain. Apparemment reclus dans une région lointaine, l’auteur se confie ou répond à des commanditaires en distillant des informations sur sa vie, l’endroit où il habite, le paysage, etc. 

Le clou sans tête est particulièrement important pour valider une activité d’auteur que Guillaume Pinard développe depuis l’origine, en relation étroite à sa pratique du dessin. Ce projet décrit de quelle façon le dessin agit comme le révélateur d’une pratique d’écriture sous-jacente, presque inavouée, que l’artiste affirme dans un processus de travail global. Il en résulte que chaque proposition alimente de façon significative et autonome  ce processus dont les formes, l’activité qu’elles génèrent et les lieux de cette réalité sont perpétuellement rejoués, et qui revient à qualifier la pratique du dessin de Guillaume Pinard comme la manifestation d’une activité mentale insatiable. 

RDV dans le cadre de l’exposition

Mardi 18 Novembre 2008 / à 20h30

Rencontre - conférence/images : Documentation Céline Duval

Comprendre, décoder le monde visuel qui nous entoure est au coeur du travail de Céline Duval. Elle constitue depuis plusieurs années un fonds iconographique tiré de sources diverses, allant de la photo de presse, la photo amateur, à la carte postale ou à ses propres photographies. A partir de sa « documentation », Céline Duval réalise des publications (cahiers d’images, diaporamas, films...). Au cours de la soirée, l’artiste montrera un diaporama de ce fonds complexe, puis dialoguera avec le public à partir des nombreuses questions que pose son travail et particulièrement sur l’acte créatif et la construction d’une oeuvre.

En parallèle de l’exposition /

 

Delphine Kreuter / vidéo projetée dans la boite

du 7 octobre au 30 novembre 2008

Delphine Kreuter : Riverview. 2’, mai 2008

Production Micro Onde, Centre d’art contemporain de l’Onde. Juin 2008.

Projeté dans le cadre d’Hospitalités, programme de vidéo initié par Tram. Delphine Kreuter propose Riverview

Il s’agit d’une courte vidéo du nom d’un hôtel à New York où l’artiste pose son regard le temps d’une courte séquence en plan fixe sur le paysage cadré d’une fenêtre. Le projet est construit autour de la mémoire de ce lieu d’hospitalité ancestral dont l’activité est temporairement arrêtée pour rénovation.